FAUT-IL AVOIR PEUR DES CARENCES?
Ce n’est pas le manque, mais l’excès de
protéines qui porte préjudice à la santé, la qualité et leur combinaison.
Alors, un peu d’imagination dans vos assiettes
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es protéines constituent la trame des tissus animaux et végétaux, les
“briques » de construction des cellules. Ces briques, ou acides aminés,
permettent l’édification (croissance) et la réparation des tissus de tous nos
organes (renouvellement cellulaire). Le code
génétique, les anticorps sont des protéines.
Différencions les protéines liées à des graisses
(viande, lait, produits laitiers) et les protéines végétales maigres (céréales,
légumineuses, algues, champignons). La plupart des protéines sont de grosses
molécules que la digestion doit décomposer en acides aminés pour être assimilables
par l’organisme. Celles d’origine animale sont de vrais murs cimentés que
l’organisme doit décomposer pour pouvoir utiliser les briques, d’où une grande dépense d’énergie et une fatigue à la clé.
Avec les végétaux, I’ADS (ou Action dynamique spécifique, qui quantifie la
dépense énergétique de la digestion) est faible et on évite les coups de pompe
après les repas.
Peut-on vivre sans protéines d’origine
animale? La réponse est oui, tout ce qui
existe dans la viande ou le lait vient des végétaux consommés
par l’animal.
Les protéines de
l’animal, situé plus loin sur la chaîne alimentaire, sont plus denses et ses
graisses saturées. La recherche évolue depuis cent ans et l’on sait
maintenant qu’il existe des aliments de structure simple dont les protéines
sont sous forme d’acides aminés à l’état libre, soit des briques immédiatement utilisables
par l’organisme, sans déchet avec des lipides de type oméga-3 et
6. Leur haute densité nutritionnelle (vitamines, sels minéraux, enzymes,
fibres) stimulant
le métabolisme. Comme dans la chanson de Brassens, il n’y a rien à jeter.
Le corps absorbe la totalité proposée par l’aliment et n’a pas la fatigue
liée à l’élimination des déchets. Vitalité garantie!
Ces aliments sont
les champignons, les algues, toutes les graines germées et les jeunes pousses,
certaines plantes sauvages, le pollen, la levure alimentaire, le miso et le
tamari (spécialités japonaises de soja fermenté et salé).
20 g de protéines sont suffisantes par jour: 2,5%
Le lait maternel, cet aliment-bâtisseur du nouveau-né, conçu pour la période la plus exigeante de la croissance, a une teneur en protides de 1 à 2 % seulement. Il contient de l’histidine et de I’arginine, les deux acides aminés essentiels supplémentaires (dit du nourrisson) et son NPA (taux net de protéines assimilables) est élevé.
Si 2 % suffisent pour un besoin concentré de protéines, pourquoi un adulte aurait-il besoin de davantage pour sa régénération cellulaire?
Contrairement à l’opinion courante, nous souffrons d’un excès de protides plutôt que d’un manque.
Cette idée fait son chemin depuis un siècle. Il y a cent ans, on pensait que 120 g de protéines étaient
nécessaires. En 2004, les chercheurs s’accordent sur un besoin
journalier se situant entre 20 et 35 g, ce qui correspond à 2,5 à 5 % du total
des calories.
Il est donc impossible de créer une carence
en protéines avec une alimentation végétanenne à base de produits complets et
non traités.
Pour preuve, 30 g d’algue marine dulse ou
nori contiennent 11g d’acides aminés, autant qu’un steak de 100 g.
Les 89 % restants de la viande sont surtout des
gras alors que pour l’algue, ce sont vitamines, minéraux et
hydrates de carbone. Les algues sont alcalinisantes, contrastant en cela
avec la majorité des autres sources de protéines.
En 1900, 70 % des protéines provenaient des végétaux,
maintenant 70 % sont issus des animaux et souvent cachés sous forme de beurre,
lait, poudre de caséine, crème ......
C’est l’alimentation qui doit les fournir. Pour bien
fonctionner, l’adulte a besoin de huit acides aminés; le nourrisson en a besoin
de dix (présents dans le lait maternel ).
L’inégale valeur des protéines tient à la nature et la
quantité de ces acides aminés, l’absence prolongée de l’un d’eux perturbe
l’assimilation des protéines. C’est pourquoi, en
consommant des protéines variées au cours de la semaine, vous couvrez vos
besoins.
Les sociétés humaines se sont bâties sur les
céréales et les légumineuses qu’elles mariaient dans leur alimentation, moyen
infaillible d’avoir des protéines
complètes.
Par exemple des haricots et du
mais augmentent de 50 % la valeur protéinique synergique. Ce jeu subtil des
complémentarités se retrouve sur toute la planète: riz et lentilles, mil et
pois chiche ou fèves, riz et soja, riz et tofu ou tempeh.
Deux exemples délicieux et parfaits:
les galettes de pain libanais avec de la purée de pois chiche « houmous » encore enrichie par le tahin (beurre de sésame) et la minestrone, association de pâtes, haricots et légumes.
Ces combinaisons de céréales et légumineuses furent
mises en lumière par Francis Lappe, auteur de « Diet for a Small Planet », qui
affirma en 1981 qu’il fallait combiner ces aliments
au même repas pour profiter de protéines complètes. Elle affirme dans sa deuxième édition s’être trompée
sur ce point.
Les recherches
montrent sans équivoque que le corps stocke les composants des aliments et
les assemble au fur à mesure de ses besoins, comme un garde-manger. Il n’est pas
nécessaire d’associer tous les acides aminés à chaque repas.
Comme les tableaux des aliments n’indiquent pas les
acides aminés, nous sommes peu au courant de ces précisions.
Il faut savoir que peu de protéines sont complètes
.Viande, lait et légumineuses manquent d’acides aminés soufrés et sont complétés
par les légumes et les céréales. On peut donc manger
des légumineuses à midi et des céréales le lendemain soir. C’est même
vivement recommandé si l’on se place du point de vue des combinaisons
alimentaires.
Ceci est important à savoir pour éviter de surcharger
la digestion tout en ayant l’esprit tranquille par rapport à nos besoins
vitaux. La santé optimale n’est-elle pas un équilibre entre besoins et
économies d’énergie?
Plus de 5 % d’aliments d’origine animale déclenchent la sonnette d’alarme du système immunitaire.
Il a été démontré que le taux de mortalité, les risques de cancer et de maladies cardiovasculaires, les problèmes de circulation, d’allergies sont directement liés à la quantité de graisses du régime ovo-lacto-carné occidental et au manque de fibres.
Plus un régime est riche en graisses
saturées, plus la fuite des minéraux est importante, entraînant l’ostéoporose.
Celle-ci est presque inexistante en Afrique où céréales et légumineuses sont consommées au quotidien.
Dans ces pays, le danger vient plutôt de la famine où le besoin vital en
calories n’est pas rempli.
Une des plus
impressionnantes études est « The China Study » (1), menée par le Dr Campbell :
50 maladies furent étudiées
sur 10 000 Chinois (consommateurs de riz, tofu, légumes, peu de viande
et pas de laitage) et comparées aux résultats américains. Elle prouve que la consommation régulière de protéines
animales dépassant 5 % est la cause de la plupart des maladies des pays
industrialisés. Le Dr Campbell conseille de se
détourner de la nourriture animale en général. Son livre fait un grand
bruit aux Etats-Unis, il est disponible en anglais et un groupe de travail se
propose de le résumer en français.
Contrairement à l’opinion publique qui se fait du
souci pour l’équilibre nutritionnel du régime végétarien et d’éventuelles
carences, c’est plutôt la consommation exagérée des
protéines animales qui fait encourir des risques grandissants avec l’âge.
Le végétarien n’a pas à se soucier de problèmes de cholestérol ni de graisses saturées.
Hydrates de
carbone et fibres se trouvent en quantité optimale sans qu’aucun calcul ne soit
nécessaire.
Bien que de plus en plus de gens s’intéressent au
végétarisme, ce qui les empêche à passer à l’acte est leur crainte des
carences. Maintenant qu’il est clair que le problème ne vient pas de carences
mais d’un choix...
Je vous propose de découvrir les précieuses protéines
du monde végétal et vous conseille de passer à l’acte en faisant un plan
hebdomadaire de remplacement des gras animaux par des aliments végétaux. Un
changement dans les habitudes fait en douceur avec un mieux à la clé a des
chances d’être stable. Le choix de la protéine dépend aussi de la saison, de
l’activité, de l’âge. Testez les aliments qui vous donnent le plus de vitalité
et qui dynamisent vos facultés mentales et variez la source des aliments
protéinés.
M Carole Dougoud-Chavannes.
Formatrice culinaire et proticienne en nutrition
depuis 1971 (restaurants végétariens, Agence de promotion des algues marines
Atlantica, Institut Haute Vitalité). Formée â la «living Food» aux Etats-Unis,
enseigne l’alimentation Haute Vitalité aux professionnels et aux amateurs
passionnés, organise en Bretagne un stage de récolte d’algues, spécialisée dans
les plans de transition alimentaire. Auteur de « Algues, légumes de la mer», Ed. La Plage et d’un
DVD de 83 mn « Les Algues de Bretagne » 17 recettes
filmées + reportage.
Le chalet Haute Vitalité dans les Alpes suisses reçoit
des hôtes pour des séminaires, des formations â la carte et des séjours détox
selon le programme Hippocrates de Brian Clement.
1. - »The China Study », T.
Colin Campbell, phD, BenBella Books (Etats-Unis).
Voir www.thechinastudy.00m.
CONTACT
Institut Haute Vitalité - Les Clèves 545
CH-1997 Haute-Nendaz, Suisse
tél,/fax:0041 27288.22.52